Les incompréhensibles tarifs des CFF irritent

FIXATION DES PRIX – Selon quels critères les CFF décident-ils le prix des billets? Pas facile d’y voir clair. Même Monsieur Prix s’y est cassé les dents.

Certains trajets en train coûtent plus cher que d’autres. Officiellement, les CFF se basent sur le kilométrage pour fixer leurs prix. Mais pourquoi le billet Berne –Zurich (56 minutes) coûte-t-il le même prix que celui de Berne à Genève (1 h 41)? «Sur certains parcours, nous utilisons un système de kilomètres additionnels. Ces prestations jouissent d’une qualité supérieure du point de vue de la vitesse, du confort, des cadences et de l’horaire»

, explique Jean-Louis Scherz, porte-parole des CFF. Autre exemple, celui du Lötschberg. Par le tunnel de base, le parcours Spiez-Brigue est deux fois plus court que par l’ancienne ligne. Pourtant, les prix n’ont pas baissé: le trajet de 35 minutes est toujours facturé 68 francs. Selon Jean-Louis Scherz, la durée n’a pas d’importance: «La nouvelle ligne offre aux voyageurs un parcours plus rapide, plus confortable et plus fréquent. » Pourtant, le tarif est le même si l’on prend un train régional ou un direct.
Prix aléatoires

Pour Monica Dusong, présidente de la Fédération romande des consommateurs (FRC), la politique tarifaire des chemins de fer manque de transparence. «Personne ne comprend la systématique, c’est complètement aléatoire. Est-ce que les prix des trajets sont joués aux dés?» Les trains fréquentés par les pendulaires sont aussi surtaxés. Les CFF justifient cette pratique par l’importance des investissements engagés. Pour Monica Dusong, l’argument n’est pas valable: «Normalement, dans un marché, plus on consomme, plus les prix baissent! En plus, la troisième voie Lausanne-Genève n’est toujours pas construite. Il y a toujours autant de voyageurs debout. » Les politiciens sont plus compréhensifs. Selon Roger Nordmann (PS/VD), «c’est sur les tronçons très fréquentés qu’on a investi le plus d’argent: ce n’est pas absurde que ces lignes coûtent plus cher. Là où les CFF devraient faire un effort, c’est sur les lignes comme le Simplon où certains trains ne sont pas climatisés. Plus généralement, on critique beaucoup le prix du train, mais avec un abonnement général, le voyageur paie 10 centimes au kilomètre. C’est imbattable. »

Stefan Meierhans, le surveillant des prix, partage l’avis de Monica Dusong. «Les critères de la politique tarifaire des CFF sont mal définis. Je leur ai demandé plus de précisions, mais ils n’ont pas donné d’explications compréhensibles. » Monsieur Prix a donné aux chemins de fer jusqu’à avril 2011 pour clarifier leur politique de prix. «C’est la loi sur la surveillance des prix qui s’applique là. On peut ouvrir une enquête, et je peux éventuellement décider de faire baisser les prix. Mais nous n’en sommes pas encore là. »

LUCIE MONNAT

Rabais pour la resquille en 1re

Un passager pincé en 1re classe dans un train en «autocontrôle» avec un billet de 2e classe ne doit pas être considéré comme un resquilleur ordinaire, estime le Tribunal fédéral (TF). En attendant une solution définitive, ces voyageurs paieront un supplément de 60 francs, ont décidé les CFF. En 2009, des contrôleurs avaient demandé un supplément de 80 francs à un passager voyageant en 1re classe avec un billet de 2e dans un RER. Soit la même amende que celle qui est exigée des resquilleurs voyageant sans billet. Le TF estime que les CFF n’ont pas le droit de traiter ces deux types d’usagers de la même manière. A moins qu’il n’y ait des indices que le voyageur a voulu commettre sciemment un abus.

ATS

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