Dans le cadre du vote sur leur initiative des «10 millions», l’UDC fait campagne en dénonçant les embouteillages, les trains «bondés» et le bétonnage du paysage. Or ce parti est justement le premier à défendre une politique du tout-voiture… qui est précisément à l’origine de ces problèmes!
Les experts sont clairs: l’encombrement de certaines de nos infrastructures de transport aux heures de pointe n’est pas dû à une prétendue surpopulation. C’est plutôt le résultat d’un manque d’investissement dans le ferroviaire et de mauvais choix d’aménagement du territoire.
Or, si l’on mettait réellement la priorité sur les transports publics, la mobilité cycliste et piétonne et si on aménageait la ville à 15 minutes, notre pays pourrait tout à fait compter davantage d’habitant·es… tout en améliorant la qualité de vie et en prenant le tournant écologique.
Autrement dit: il n’y a pas trop de personnes en Suisse, il y a trop de voitures.
En cas de oui à cette initiative, les conséquences seraient potentiellement graves pour les transports publics. Une pénurie de main d’œuvre mettrait en péril la conduite de nos trams, bus et trains, mais aussi la construction des infrastructures ferroviaires nécessaires… ainsi que la végétalisation de nos villes. Cela pénaliserait aussi la collaboration avec nos pays voisins, alors que nous avons plus que jamais besoin de mieux relier la Suisse en train au reste de l’Europe.
Fondamentalement, la crise écologique est un problème global que nous ne résoudrons pas en érigeant des murs à nos frontières.
Pour toutes ces raisons, actif-trafiC vous encourage à voter et faire voter NON à l’initiative dangereuse et trompeuse sur la Suisse à 10 millions.
Amnesty international
Le 14 juin prochain, nous serons amené·e·x·s à nous prononcer sur l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions» ainsi que sur la révision de la loi fédérale sur le service civil. Deux objets importants pour Amnesty, car ils s’attaquent à des libertés fondamentales. Le droit à la vie de famille pour l’un, et la liberté de pensée et de croyance pour l’autre.
Sous couvert de «durabilité», l’initiative populaire de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions» cache une énième tentative du premier parti helvétique pour remettre en cause des accords fondamentaux de protection des droits humains. Elle prévoit en effet de durcir les conditions d’asile sitôt que la population aura atteint 9,5 milllions – soit entre 2030 et 2035, à en croire l’Office fédéral de la statistique. Le regroupement familial –qui permet à des personnes de rejoindre un·e·x proche actif·ve·x·s en Suisse– s’en trouverait rendu quasiment impossible.
Le texte prévoit aussi la possibilité de renégocier, voire de se retirer, d’accords billatéraux avec l’Union européenne, ou internationaux comme le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies, la Convention européenne des droits de l’homme ou encore la Convention de Genève relative au statut des réfugié·e·x·s, pour le cas où le seuil des 10 millions serait atteint ou dépassé.
Amnesty dénonce une attaque frontale contre la protection des personnes réfugiées et contre les accords internationaux relatifs aux droits humains que la Suisse soutient et façonne depuis des décennies. Une limite rigide de la population, qui entraînerait le refoulement de personnes réfugiées aux frontières, violerait en effet le principe fondamental du non-refoulement. Elle viendrait aussi contredire la tradition humanitaire de la Suisse qui offre protection et sécurité aux personnes qui fuient la guerre.
Par ailleurs, limiter arbitrairement l’immigration, c’est également se priver des personnes soignantes dans les hôpitaux et les EMS, de celles qui mènent des recherches dans les universités et les hautes-écoles, celles qui participent à la vie culturelle helvétique. C’est fermer la porte à des voisin·e·x·s, des collègues ou des ami·e·x·s. C’est leur refuser les droits fondamentaux à la sécurité, à la vie de famille et à une existence digne.
Parce que les droits humains sont universels, non négociables et indépendants de toute pression démographique, la section suisse d’Amnesty International appelle les électeur·rice·x·s à opposer un NON clair à l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions» le 14 juin.
Il n’existe qu’un moyen de faire barrage aux volontés isolationnistes de l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions»: voter ! N’hésitez pas à faire passer le message auprès de vous, en particulier auprès de personnes qui doutent.