Entre le city management et La Poste, y a-t-il un lien ?

Citymanagement. Avez-vous entendu parler ? C’est la taxe que, depuis le début du mois de juin, la Municipalité de Lausanne veux faire payer à tous les commerçants pour animer la ville et développer le commerce. Le but du citymanagement est de transformer la ville en parc d’attractions pour que les chalands dépensent en ayant l’impression de s’amuser.
Un peu la même chose que La Poste. A la place d’améliorer ses prestations de service public, La Poste est devenue un grand supermarché dans lequel, pendant que vous attendez sagement votre tour pour poster vos lettres, vous pouvez acheter de l’antigel pour votre voiture, un livre de recettes ou une barre de chocolat.
Et bin, si cet état de faits vous a fâché, maintenant vous pourrez rire ! Comme La Poste est devenu un magasin comme un autre, elle aussi sera assujettie à cette taxe ! Comme les magasins privés. Vous avez dit rire ? Plutôt pleurer ! C’est la marque supplémentaire que nous devrons encore beaucoup nous battre pour que La Poste continue dans les mains du service public !

Définition du Citymanagement:

Il s’agit d’une taxe dégressive prélevée en fonction du nombre d’employé-e-s et pèse donc sur le travail et sur l’emploi. Elle touche directement l’emploi et absolument pas le bénéfice. Donc le cordonnier de la Borde avec un ouvrier ou la coiffeuse de Montelly avec une shampouineuse paieront la même somme que le bijoutier de la rue de Bourg avec une vendeuse. Le plancher a été finalement fixé 60% plus cher que celui décidé par le Conseil communal pour les petits commerçants et le plafond 20% moins cher que celui décidé par le Conseil communal pour les grandes surfaces.

En clair, cette taxe propose que tous les commerçants paient pour sauvegarder certains commerces à haute valeur ajoutée dans le centre ville, c’est-à-dire rue Bourg, St François. En effet, les manifestations de quartier, d’après les commerçants, elles favorisent la convivialité, la mixité, fidélisent les clients du quartier et diminuent probablement incivilité et violence, mais n’amènent pas forcément de nouveaux clients. Les petits commerçants sont remontés à bloc contre cette taxe.
Il s’agit d’un projet consumériste qui va favoriser un certain type de commerces de luxe au centre-ville au dépens des autres commerçants de quartier et réintroduire plus de voitures en ville. Il n’a rien à voir avec le service public.

L’empire de la consommation, La planète comme shopping center, par Eduardo Galeano

Mondialisation.ca, Le 22 mai 2007
EcoPortal

Un joli texte sur la toxicomanie consommatoire du GRAND écrivain Eduardo Galeano.

Le droit au gaspillage, privilège de quelques-uns, est censé être une liberté collective. La civilisation actuelle ne laisse pas dormir les fleurs, ni les poules, ni les gens. Dans les serres, les fleurs subissent la lumière en continu, afin qu’elles fleurissent plus vite. Dans les usines à œufs, même les poules ont été interdites de nuit. Les gens ont également été condamnés à l’insomnie, à cause de l’anxiété d’acheter et de l’angoisse de payer.

L’explosion de la consommation dans le monde actuel fait plus de bruit que toutes les guerres et met le monde plus en émoi que tous les carnavals. Comme le dit un vieux proverbe turc : « Qui boit à crédit, se soûle deux fois ». Continuer la lecture

Conséquences de l’accord AGCS dans le domaine de l’enseignement supérieur en Suisse

Le présent texte a été présenté au Conseil de Faculté des SSP, Université de Lausanne, le 14 juin 2007, par Julien Sansonnens

L’accès pour toutes et tous à l’enseignement supérieur selon le principe de l’égalité des chances est un acquis démocratique majeur. C’est précisément parce que la logique du privé va à l’encontre d’une formation universitaire de qualité pour tous, idéalement sans distinction d’origine sociale, que nous sommes attachés à l’éducation publique. Pour nous, le service public est un bien précieux qu’il s’agit de défendre pied à pied, dans un contexte d’attaques récurrentes. Il est porteur d’un projet de société émancipateur et démocratique : contre la capacité à faire du profit, il oppose la capacité à répondre à des besoins sociaux, de manière universelle et égalitaire. Bien loin de se résumer à une question strictement économique, le service public correspond à un véritable projet de société.
Dans le cadre de l’OMC, la Suisse a signé l’AGCS (Accord général sur le commerce des services) en 1994. Cet accord prévoit la libéralisation du commerce des services à l’échelle mondiale. En matière d’éducation, il s’agit notamment de créer un « marché des services éducatifs », selon la terminologie utilisée dans les négociations. Nous craignons pour la Suisse qu’une telle logique libérale n’amène à rendre les études de niveau tertiaire encore plus élitaires, à l’image de ce qui se passe dans les pays où le système universitaire est partiellement ou totalement privatisé. Nous craignons également que cette politique conduise à l’abandon des activités intellectuelles les moins proches du marché, favorise l’orientation de la recherche par l’industrie et, plus fondamentalement, remette en cause le rôle de l’Université comme lieu d’innovation et de pensée critique (…)
Concrètement, quels sont les enjeux de l’AGCS pour le système éducatif suisse ?
Sous le régime de l’AGCS, le financement des Universités par l’Etat pourrait se voir attaquer devant l’OMC comme une entrave à la liberté de commerce dans le domaine des services. Ainsi, et comme la modification constitutionnelle votée le 21 mai 2006 le permet, la confédération pourrait se voir contrainte de subventionner des universités privées afin de ne pas « fausser la concurrence ». Lorsque l’on sait que les budgets alloués aux universités publiques helvétiques sont parfois insuffisants pour assurer une recherche et un enseignement de haute qualité, on imagine les conséquences qui découleraient de l’obligation de partager ces ressources avec des écoles supérieures étrangères. (…)

Service des Autos: le référendum a abouti le 13 juin 2007 avec plus de 16′500 signatures !

Le comité référendaire contre la privatisation du service des automobiles et de la navigation (SAN) a récolté plus de 16’500 signatures contre la privatisation du service des automobiles ! Comme nous n’avons besoin que de 12’000 signatures valables et vu le surplus récolté, nous pouvons affirmer que le référendum a donc abouti !

Nous étions plusieurs associations de toute sorte, syndicats et partis à lancer le référendum et à récolter des signatures. Merci à vous tous qui tenez à un service public de qualité, qui vous opposez aux privatisations ! Néanmoins, le travail n’as pas terminé, nous devrons de nouveau nous mobiliser pour la votation populaire. Vous serez informés par le biais de notre site.

Roaming international : étendre le règlement de l’Union européenne à la Suisse

Pour information, voici le texte de la motion présentée au Conseil national le 12 juin 2007 par Josef Zizyadis.

Le Conseil fédéral est invité de toute urgence à étendre le règlement de l’Union Européenne du 7 juin 2007 à la Suisse et à obliger les opérateurs suisses à s’aligner sur ces nouveaux tarifs. Le Conseil fédéral est en outre invité à prendre des mesures pour des tarifs corrects et justes en matière de téléphonie qui ne lèsent pas les consommateurs et les consommatrices.
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Avec « Desperate électrices » La TSR ne respecte pas son mandat de service public

Signez la pétition : en ligne ou sur du papier.

L’Association citoyenne pour la défense des usagers du service public, ACIDUS, lance une pétition adressée à la direction de la Télévision suisse romande. Celle-ci projette, pour septembre et dans le cadre des élections fédérales, une série aux prétentions humoristiques, «Desperates électrices». Atterré par ce projet émanant d’un service d’information public, ACIDUS a décidé de réagir. La portion congrue laissée aux femmes en politique est une question importante. Elle mérite mieux que de l’information spectacle.

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L’Italie refuse la privatisation de la gestion de l’eau

Un article des Carnets d’eau des Carnets du Diplo.
Le Monde Diplomatique – lundi 4 juin 2007 – par Marc Laimé

Le 30 mai dernier le Parlement italien a décidé le principe d’un moratoire sur toute attribution de la gestion du service public de l’eau à des sociétés privées ou à capital mixte. Ce moratoire restera en vigueur jusqu’à la promulgation d’une nouvelle loi sur l’eau, qui devrait réaffirmer le primat de sa gestion publique. Une exigence portée par une pétition déjà signée par 300 000 Italiens, qui vise à promouvoir une loi nationale sur l’eau d’initiative populaire. Continuer la lecture

Vient de paraître : “L’AGCS. Quand les Etats abdiquent face aux multinationales”

Voici un livre de référence sur ce sujet qui conviendra à ceux qui s’y intéressent.

L’AGCS. Quand les Etats abdiquent face aux multinationales, par Raoul Marc Jennar et Laurence Kalatafidès (122 pages. Editions Raisons d’Agir, 27, rue Jacob, 75006 Paris. 6 euros)

Engendrée sous la pression des milieux d’affaires assemblée dans les couloirs de l’Organisation mondiale du commerce, une formidable machine à détruire les services publics mondiaux entre en action : l’Accord général sur le commerce des services, plus connu sous son sigle AGCS. Son objectif : libéraliser tous les services en supprimant un à un les obstacles au commerce.

L’AGCS autorisera par exemple une multinationale à poursuivre pour concurrence déloyale une commune qui subventionne sa cantine scolaire.

Chercheurs indépendants, Raoul Marc Jennar et Laurence Kalatafidès expliquent les origines, et les conséquences de cet accord. Sa mise en œuvre faisant l’objet de négociations successives, l’AGCS menace à terme l’enseignement, la santé, la culture et l’accès à l’eau potable.

Comprendre le fonctionnement de cette canonnière libérale conçue hors de tout contrôle démocratique, c’est se donner les moyens de l’enrayer.

La Poste ? « On lui en demande trop ! »

En matière de service public, La Poste est à la peine. Non, ce ne sont pas les membres d’Acidus qui le disent, mais bien l’organe officiel de propagande de la régie, La Poste, le journal de notre clientèle, dans son édition de juin 2007. Un certain Andreas Sturm, expert en gestion d’entreprises durables, y est interviewé avec toute la flagornerie obligée dans ce genre de publications. Il a suivi l’entreprise La Poste pendant un an, «examinant à la loupe ses prestations, son rôle social et son impact sur l’environnement».

D’abord, il a constaté que l’image de distributrice de lettres et de colis de La Poste (ça c’est bon pour les ploucs qui envoient encore des paquets à leur petit-fils et des lettres écrites à la main) a complètement disparu: 80% du chiffre d’affaires est généré par ses clients commerciaux. Par exemple, elle a créé la société MailSource en 2000, une «société du groupe» qui «ne se contente pas de distribuer le courrier aux entreprises. Elle se charge de tout leur courrier interne, du scannage et de l’archivage de leurs documents»… Et pour les usagers privés? Des «solutions standardisées.»

Car La Poste peine à assurer sa mission de service public: «On lui en demande trop», affirme l’expert. Selon lui, La Poste «aura du mal à assurer à long terme les prestations qui lui incombent et qu’elle fournit déjà, je pense notamment aux emplois dans les régions reculées. D’autant plus que l’on ne cesse de réduire la base qui sert à financer ces prestations.» Andreas Sturm ne dit pas qui est ce «on» qui ne cesse de réduire…

Enfin, on se console, il y a encore un peu d’humanité dans les entreprises privatisées. Car «La Poste essaie d’éviter les anglicismes autant que faire se peut», indique encore cette Pravda postale. Eh oui, si M. Gygi aime les bénéfices et les salaires de ministre, il n’aime pas pour autant les expressions anglaises.