Article pris dans le journal solidaritéS
Les remous qui ont agité la direction de La Poste ces dernières semaines, largement relayés par les médias, et ont conduit à la démission de Claude Béglé ne doivent pas faire oublier le véritable objectif obstinément poursuivi par le Conseil Fédéral, qui cherche simplement la meilleure personne pour le mener à bien : la privatisation totale du Géant jaune.
Sans doute Claude Béglé n’avait-il pas l’entregent requis pour conduire une privatisation qui n’est pas encore tout à fait acquise. Le Conseil fédéral marche en effet sur des œufs face à la menace d’un référendum de la gauche et d’une initiative récemment lancée par les syndicats visant à inscrire le service universel dans la Constitution. Et les déclarations tonitruantes de Béglé sur une Poste qui devrait être « gérée comme Nestlé » (NZZ, 9.01.2010), en finançant ses services par une expansion massive à l’étranger, risquaient de susciter la méfiance dans une opinion publique encore marquée par la débâcle de Swissair ou par les échecs répétés et ruineux de Swisscom sur les marchés asiatiques. De même, les mandats suspects d’un Béglé désireux d’arrondir ses fins de mois en travaillant pour des fonds d’investissement privés de Genève et de Dubaï s’accordaient mal avec l’image qu’on se fait du gestionnaire helvétique bien propre sur lui.