Nicola Cianferoni a réalisé une étude universitaire sur les conditions de travail et la gestion des absences à La Poste Suisse, dont l’objectif consistait à formuler des éléments de réponse aux deux questions suivantes. Premièrement, la modernisation de l’entreprise porte-t-elle atteinte à la santé des salariés ? Les services postaux connaissent des restructurations profondes depuis la fin des années 1980, c’est-à-dire depuis que les premiers jalons d’un marché postal à l’échelle européenne ont été posés. Dans cette évolution, la gestion du personnel et le rapport aux usagers se sont rapprochés de ceux des entreprises privées. Deuxièmement, les programmes de prévention et de promotion de la santé constituent-ils un véritable appui pour les salariés ? Cette étude s’intéresse tout particulièrement au système de gestion des absences « pro présence » développé par GloboSana, une entreprise spécialisée dans l’élaboration de concepts pour une gestion plus efficace de la santé. Ce dispositif permet d’appliquer la « détection précoce » fixée par la 5e révision de l’Assurance invalidité (AI). Il a été introduit à La Poste en 2006, mais aussi dans d’autres grandes entreprises suisses, comme les Chemins de fer fédéraux (CFF) ou la Migros. Ces deux questions sont d’une grande actualité puisque le Conseil fédéral envisage de libéraliser totalement le secteur postal.
Alain Carrupt, Président central du Syndicat de la Communication, vient nous présenter l’initiative « Pour une poste forte« . Cette initiative a été lancée par le syndicat parce que le service public postal est en danger, le Parlement veut complètement libéraliser le marché postal, quand bien même tous les exemples étrangers montrent que cela mène à une augmentation des prix ou à une diminution des prestations. La Poste elle-même semble oublier sa mission de service public et démantèle massivement son réseau d’offices de poste !