Courrier envoyé par Acidus au sujet du facteur licencié par La Poste au DETEC (Département de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication), à Postcom (Commission fédérale de la poste), à La Poste et aux parlementaires vaudois siégeant à Berne.
Notre association de défense du service public s’adresse à vous pour vous donner notre avis sur le licenciement abusif d’un employé de La Poste ainsi que pour vous demander de défendre les valeurs intrinsèques de La Poste.
Ignorant ses propres procédures normales, La Poste a mis en route une procédure abusive pour licencier un employé qui a 60 ans et plus de 40 ans de service. Est-ce la nouvelle manière de remercier la fidélité de l’employé ? Nous savons, et sûrement La Poste aussi, qu’à cet âge là, il est plus que difficile de retrouver un emploi. Est-ce ainsi qu’elle assume pleinement sa responsabilité d’employeur ? Elle parle de dialogue avec son personnel et de communication constructive alors que cette situation montre un échec total de sa politique envers son personnel.
Le motif invoqué est qu’il aurait distribué les colis dans les étages, même après les remarques de l’employeur et dans l’idée d’offrir aux usagers un service public de qualité.
Nous sommes effarés de voir la destruction du service public sous la bannière de la «transformation» qui n’est autre chose que la diminution du personnel, la dégradation des conditions de travail, la diminution des prestations.
Nous pouvons être d’accord sur une transformation mais pas sur la destruction qu’on nous propose actuellement. Transformation n’est pas synonyme de destruction.
Nous demandons à vous, Madame, Monsieur, d’encourager et soutenir une transformation de La Poste qui tienne compte de l’humain, qui tienne compte tant des besoins de ses employés que de ceux de ses usagers. La Poste doit rester un vrai service public.
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En retour, nous avons reçu l’interpellation déposée par le PS au Parlement :
La Poste réprime-t-elle ses collaborateurs particulièrement engagés ?
- Le Conseil fédéral considère-t-il ce licenciement comme compatible avec les valeurs de service public, les attentes des citoyens suisses et les objectifs stratégiques attribués à la Poste ?
- Quelles mesures le Conseil fédéral compte-t-il prendre pour garantir que les processus de modernisation de La Poste ne se fassent pas au détriment de la qualité du service et du bien-être des employés ?
- Quelle est la politique du Conseil fédéral en matière de service universel postal ? Comment compte-t-il préserver l’accessibilité et la qualité des services postaux pour l’ensemble de la population, y compris dans les zones rurales ou moins rentables ?
- Le Conseil fédéral estime-t-il que les consignes internes de La Poste, telles que celle interdisant de monter les colis dans les étages, sont aptes à préserver la motivation et l’engagement du personnel?
Le licenciement de Jean-Daniel Taverney, facteur à Vevey pendant 42 ans, a provoqué à juste titre un tollé d’ampleur nationale. Ce dernier a été renvoyé pour avoir monté les colis dans les étages, une pratique qu’il justifiait par la volonté de maintenir un service de qualité pour les usagers. Cette décision a été perçue comme absurde et inhumaine par une grande partie de la population. Elle interroge sur les priorités de l’entreprise publique et sur la place accordée à l’humain et au maintien d’un service public de proximité.
Dans ses objectifs stratégiques pour La Poste pour la période 2025 – 2028, le Conseil fédéral exigeait que « La Poste pratique une politique du personnel progressiste et sociale » et que « La Poste suscite la confiance des collaborateurs par son style de gestion ». L’affaire susmentionnée semble peu cohérente avec ces objectifs.
Nous publierons ici la réponse du Conseil Fédéral dès réception.