Privatisation de la Poste : pour qui ? pour quoi ?

 Nous vous livrons ici un article paru dans le journal français Libération du jeudi 4 septembre 2008

Cet été, sur une route perdue des Alpes où le réseau du portable n’accrochait guère, je suis entré dans une salutaire cabine téléphonique. Le tarif y est vingt fois plus élevé qu’avant la déréglementation des télécommunications (3 euros pour un appel local, contre un franc il y a dix ans), mais j’étais, somme toute, satisfait de bénéficier d’un tel service d’urgence.

Sans me plaindre, j’ai donc introduit ma carte de crédit pour informer l’hôtel, où je me rendais, d’un retard imprévu. N’ayant pas le numéro sur moi, j’allais machinalement composer le «12», quand je me suis rappelé que le 12 avait disparu, remplacé par une flopée de nouveaux services dont je n’avais pas mémorisé les numéros, tant leur publicité tapageuse avait introduit de confusion dans mon esprit.

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Lettre de lecteurs parue dans le journal 24 Heures

Refusons une libéralisation irresponsable

A propos de la lettre de lecteur de M. Marc Panchaud intitulée «Les dirigeants se moquent des usagers» ( 24 heures du 13 août 2008):

M. Panchaud déplore à juste titre que la Poste perde chaque jour un peu plus ce qui faisait pourtant toute la valeur de ses services: la proximité.
Il se trompe toutefois en accusant «les syndicalistes» de ne rien faire. Bien au contraire, le Syndicat de la communication – principal syndicat des employés de la Poste – n’a de cesse de lutter d’arrache-pied pour maintenir cette poste de proximité. Il l’a fait en 2004 par le biais de l’initiative «Poste pour tous», qui a hélas échoué d’un fil devant le peuple. Il le fait année après année en s’opposant aux incessantes restructurations et suppressions d’emplois qui finissent inexorablement par se traduire pour le petit client par une diminution de la qualité des prestations. Et il le fait aujourd’hui en combattant résolument le projet de libéralisation totale du marché postal. Une libéralisation qui se traduirait par une hausse des prix pour les PME et les particuliers, par des suppressions massives d’offices de poste et par une diminution des prestations (moins de levées et de distributions, etc.). Sans oublier une péjoration des conditions de travail des employés de la Poste, qui pour beaucoup sont déjà aujourd’hui au bord de la rupture.
La balle est maintenant dans le camp des politiciens. J’invite donc M. Panchaud et toutes celles et ceux qui tiennent à une Poste de qualité de demander aux parlementaires fédéraux de leur région de refuser cette libéralisation irresponsable.

Ernest Zürcher,
Jongny

Vous avez dit services postaux pour tous ?

Article de Joël Depommier paru dans Gauchebdo

En 2001, le Géant jaune réorganisait son réseau de bureaux de poste, puis ses centres de tri. Aujourd’hui, les prestations aux usagers sont en baisse et les tarifs en hausse. Le gros client est roi.

Il y a dix ans, nous avions le meilleur réseau postal du monde, aujourd’hui ce n’est plus ça». Quand il parle de la dernière décennie qu’a traversée le Géant jaune depuis la séparation des PTT en deux entités, Olivier Cottagnoud ne mâche pas ses mots. Au point de s’être mis souvent en porte à faux avec le syndicat de la communication qui n’appréciait guère ses critiques contre la collaboration, voir les compromissions de l’organisation avec la direction. Cette mise à l’écart ne l’a pas empêché de continuer à militer dans les rangs du Syndicat autonome des postiers (SAP) qu’il a fondé. «Aujourd’hui, la pression sur le personnel et les salaires est forte. De nombreux collègues cherchent à quitter leur emploi. Les prestations à la population et la qualité des services sont en baisse et les prix et taxes augmentent, alors que la Poste vient de faire un milliard de bénéfices», dénonce le Valaisan.

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Vous avez dit services postaux pour tous ?

En 2001, le Géant jaune réorganisait son réseau de bureaux de poste, puis ses centres de tri. Aujourd’hui, les prestations aux usagers sont en baisse et les tarifs en hausse. Le gros client est roi.

Il y a dix ans, nous avions le meilleur réseau postal du monde, aujourd’hui ce n’est plus ça ». Quand il parle de la dernière décennie qu’a traversée le Géant jaune depuis la séparation des PTT en deux entités, Olivier Cottagnoud ne mâche pas ses mots. Au point de s’être mis souvent en porte à faux avec le syndicat de la communication qui n’appréciait guère ses critiques contre la collaboration, voir les compromissions de l’organisation avec la direction. Cette mise à l’écart ne l’a pas empêché de continuer à militer dans les rangs du Syndicat autonome des postiers (SAP) qu’il a fondé. « Aujourd’hui, la pression sur le personnel et les salaires est forte. De nombreux collègues cherchent à quitter leur emploi. Les prestations à la population et la qualité des services sont en baisse et les prix et taxes augmentent, alors que la Poste vient de faire un milliard de bénéfices », dénonce le Valaisan.

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A La Poste, pas le droit d’être malade !

Communiqué de presse concernant les facteurs de La Poste

Hier soir [10 avril] s’est tenue à Bellinzone une assemblée du personnel distributeur [«facteurs»] pour discuter et dénoncer les graves détériorations des conditions et du climat de travail dans leur secteur, l’unité d’affaire PostMail. Manque de personnel, horaires de travail toujours plus longs, à la limite de la légalité, double tournée et d’autres points encore ont été soulevés. En fait, ces situations sont actuellement de plus en plus fréquentes à La Poste, et cela dans tout le pays. Continuer la lecture

La poste externalise le nettoyage pour faire des économies

Près de 2500 personnes sont concernées par cette mesure.

Le problème principal est que cela veut dire que les salaires payés aux nettoyeurs/euses ne peuvent être que beaucoup plus bas qu’actuellement, autrement La Poste ne peut pas faire d’économie. Selon la Convention collective de la branche le salaire brut est de fr. 16.15 pour celles et ceux qui ne font pas de travaux lourds…

Merci la Poste ! Après avoir fait presque 1 milliard de bénéfices en 2007, elle va en faire encore plus sur le dos des nettoyeuses/eurs ! et comme cela, avec un salaire de fr. 2’400.- par mois pour un plein temps, selon la CCT de la branche, elles et ils auront droit à des compléments de salaire de l’aide sociale ! Merci La Poste !

Libéralisation combattue par l’Union Syndicale Suisse

L’Union syndicale suisse veut freiner la libéralisation des services publics.
Elle se montre notamment hostile à une nouvelle ouverture du marché postal. La limitation du monopole aux lettres de moins de 100 gramme est trop récente pour en tirer un véritable enseignement et rien ne justifie d’aller plus loin, estime Rolf Zimmermann, premier secrétaire de l’USS.
Pour l’USS, la libéralisation totale des services postaux mettrait en danger le service universel et il faudrait s’attendre à une nouvelle vague de fermeture de bureaux de poste.
L’USS réitère enfin son soutien au maintien de Swisscom dans le giron de la Confédération. «La libéralisation des infrastructures publiques n’a pas les faveurs de la population», justifie Rolf Zimmermann, «comme l’a montré le succès syndical lors du référendum de 2002 contre la loi sur le marché de l’électricité».
«Les citoyens veulent la sécurité de l’approvisionnement de ces services à des prix stables et n’ont que faire de la guerre des prix difficilement compréhensible à laquelle se livrent les fournisseurs privés», conclut Joseph Zimmermann.

Le réseau des boîtes aux lettres

La Poste rationalise son réseau de boîtes aux lettres dans les villes suisses. Aline Gabus, conseillère communale à Lausanne, a questionné la Municipalité pour savoir si le projet concernait cette ville. La Municipalité a répondu qu’elle n’avait pas été informée officiellement jusqu’à ce jour, que La Poste n’avait pas encore pris contact avec elle. Néanmoins, elle suivra ce dossier de près.
Est-ce que les autres villes réagissent ? Affaire donc à suivre pour nous aussi !