L’Union syndicale suisse veut freiner la libéralisation des services publics.
Elle se montre notamment hostile à une nouvelle ouverture du marché postal. La limitation du monopole aux lettres de moins de 100 gramme est trop récente pour en tirer un véritable enseignement et rien ne justifie d’aller plus loin, estime Rolf Zimmermann, premier secrétaire de l’USS.
Pour l’USS, la libéralisation totale des services postaux mettrait en danger le service universel et il faudrait s’attendre à une nouvelle vague de fermeture de bureaux de poste.
L’USS réitère enfin son soutien au maintien de Swisscom dans le giron de la Confédération. «La libéralisation des infrastructures publiques n’a pas les faveurs de la population», justifie Rolf Zimmermann, «comme l’a montré le succès syndical lors du référendum de 2002 contre la loi sur le marché de l’électricité».
«Les citoyens veulent la sécurité de l’approvisionnement de ces services à des prix stables et n’ont que faire de la guerre des prix difficilement compréhensible à laquelle se livrent les fournisseurs privés», conclut Joseph Zimmermann.
Archives de catégorie : La Poste
Le réseau des boîtes aux lettres
La Poste rationalise son réseau de boîtes aux lettres dans les villes suisses. Aline Gabus, conseillère communale à Lausanne, a questionné la Municipalité pour savoir si le projet concernait cette ville. La Municipalité a répondu qu’elle n’avait pas été informée officiellement jusqu’à ce jour, que La Poste n’avait pas encore pris contact avec elle. Néanmoins, elle suivra ce dossier de près.
Est-ce que les autres villes réagissent ? Affaire donc à suivre pour nous aussi !
Des villages trop petits pour le géant jaune
Enterré, le mythe d’un office dans chaque localité? A force de restructurations, La Poste telle qu’on la connaît est appelée à disparaître. Une ouverture totale du marché, mise en consultation ces prochaines semaines, pourrait encore accélérer le processus. Réaction des habitants du Chablais valaisan. Continuer la lecture
La Poste SA: ils en rêvaient, vous la paierez
Paru dans Le Courrier le mercredi 27 Février 2008
PHILIPPE BACH
Le Conseil fédéral a annoncé hier à l’improviste – quoique la nouvelle était dans l’air depuis une bonne année – sa volonté de faire sauter le dernier monopole de La Poste. A savoir celui des lettres jusqu’à 100 grammes. Ce marché-là sera lui aussi libéralisé en 2012 (avec une période transitoire dès l’an prochain, où la limite passera déjà à 50 grammes). La Poste sera ensuite encore tenue d’assurer un service universel durant cinq ans. Après, tout sera confié à la main invisible du marché.
La Poste SA : ils en rêvaient, vous la paierez
Le Courrier, le 27 Février 2008
Philippe Bach
Le Conseil fédéral a annoncé hier à l’improviste – quoique la nouvelle était dans l’air depuis une bonne année – sa volonté de faire sauter le dernier monopole de La Poste. A savoir celui des lettres jusqu’à 100 grammes. Ce marché-là sera lui aussi libéralisé en 2012 (avec une période transitoire dès l’an prochain, où la limite passera déjà à 50 grammes). La Poste sera ensuite encore tenue d’assurer un service universel durant cinq ans. Après, tout sera confié à la main invisible du marché.
L’Espagne rurale privée de ses facteurs
23 janvier 2008
L’Espagne applique avec zéle les directives européennes de déréglementation des services publics. Elle vient donc de décider la suppression de ce service essentiel qu’est la distribution du courrier dans les zones rurales. Désormais, hameaux et fermes ne recevront plus la visite du facteur.
La Poste espagnole ne distribuera plus le courrier dans les boîtes aux lettres des zones rurales
Sonia Vizoso, El País, 22 janvier 2008, traduction Antoine Rabadan
La poste
900 millions, c’est le bénéfice de la poste pour 2007, un service public en voie de privatisation. Jolie somme…mais pas de quoi rêver.
Tout d’abord un service public n’est pas là pour faire du profit. C’est un outil démocratique. Son rôle est de répondre aux besoins des usagers, ceci dans le respect de l’égalité entre les citoyens et entre les régions. Elle est là aussi pour cimenter l’unité nationale. Deux objectifs qui lui furent assignés par le Conseil fédéral lorsqu’il décida de créer un service postal vers fin la du 19e siècle.
Dès ses débuts ce service se révèle viable. Mieux! Dans les années 80 ce service passe pour être le meilleur du monde. Personne n’a attendu Ulrich Gygi, ultra libéral, membre du parti socialiste (!) pour faire marcher une Poste rentable et efficace… Les soucis arrivent avec le premier acte sa privatisation en 1997: les PTT disparaissaient au profit de La Poste et de Swisscom.
La Poste, encore et toujours
Une série de petits articles parus dans la presse ces derniers temps, nous cause du soucis : La Poste diminue ses prestations peu à peu mais inexorablement. Voyons de plus près (informations tirées du journal Le Courrier) :
16 novembre 2007 : La Poste affiche des très bons résultats en comparaison européenne. En 2006, 98% des lettres et 97% des colis arriveraient à temps à leur destinataire selon PostReg. Cette autorité de régulation note par ailleurs que le phénomène de substitution nouvelles technologies-envois traditionnels tant redouté par la Poste n’a pas eu lieu. Au contraire, Internet a plutôt renforcé le nombre de lettres et colis acheminés. (Rappelez-vous, c’était l’un des arguments utilisés par La Poste pour fermer des centaines de guichets postaux).
Malgré ces bons résultats, la fin du monopole reste pour une majorité des parlementaires un but à atteindre et risque de devenir rapidement réalité, si l’on en croit les signaux lancés par le Conseil fédéral en vue des débats parlementaires qui auront lieu dès la rentrée 2008. Cette marche inéluctable vers la libéralisation est fréquemment évoquée au nom de la nécessaire rationalisation des coûts et de la concurrence internationale. La question reste cependant ouverte : la libéralisation de La Poste améliorera-t-elle le service public ?
La Poste dégage 700 millions de bénéfice
Le bénéfice de La Poste au cours des 9 premiers mois de l’année, a dépassé de 16,3% celui réalisé en 2006 durant la même période. Le géant jaune est parti pour dépasser le résultat record de l’année précédente.
C’est le cas toutes ces dernières années. Ce qui n’a pas empêché La Poste de fermer des agences, de diminuer le nombre de postes, de diminuer les prestations, de rendre de plus en plus des prestations payantes, etc, etc.
Service public ou boîte à fric ? Et tous ces bénéfices, où vont-ils ?
Le SAP : Syndicat autonome des postiers accuse
La Poste aurait justifié la fermeture de 1150 bureaux de poste en Suisse par un « prétendu déficit », selon le Syndicat autonome des postiers (SAP).
En fait, le réseau coûterait moins cher qu’annoncé selon une étude dont la publication est exigée. Cet étude, c’est le département de Moritz leuenberger qui ne le rend pas public et est ainsi accusé de faire de la rétention d’information. Si le gouvernement devait ne pas obtempérer, le SAP actionnerait le Parlement et la justice.
Quant à l’ouverture du marché décidée par le Conseil fédéral, elle ne suscite pas d’enthousiasme. Le SAP demande le maintien du monopole sur les lettres.