Dans la série « La Poste se fiche du monde »

Vous l’avez peut-être reçu au boulot : c’est un dépliant cartonné avec un pliage incroyable genre origami présentant le « monde passionnant de l’affranchissement moderne ».

Un premier coup d’œil nous apprend qu’il s’agit encore d’un mailing qui a dû coûter très-très-très cher…

Quant au contenu: néant, rien à signaler ! Non seulement ce dépliant ne donne aucune information concrète, mais il contient un CD-rom débile du
« making of » (qu’est-ce qu’on s’en fiche !!!) de la pub – elle-même édifiante de bêtise – qui paraît sur le site Internet de la poste.

Voici donc quelques extraits édifiants des « nouvelles solutions d’affranchissement »: http://www.postmail.ch/fr/index_pm/pm_frankieren ; cliquez sur « Laissez-vous conseiller… » et armez-vous de patience. La nénette qui nous accueille dans son fascinant univers virtuel, bourré d’anglicismes et de prétendues informations, se livre à une présentation interminable. On nous avertit pourtant d’emblée que cette starlette de guichet rêve depuis toujours de nous vendre des timbres-poste.

Une belle illustration de la sottise des cadres de la poste. Ces « taupes managers » en effet n’hésitent pas financer une production d’une vacuité pitoyable tandis qu’ils consacrent leur temps et ce qu’ils ont de cerveau à passer leurs employés au presse citron, les surveiller jusqu’aux toilettes, les foutre à la porte et -supplément gratuit- à fermer partout où ils le peuvent des bureaux postaux. Pas par pur sadisme, même pas… tout simplement pour faire augmenter leurs propres primes.

Nous, tout ce qu’on lui demande à la poste, c’est de distribuer nos lettres et nos paquets ponctuellement, de ne pas augmenter les tarifs et de traiter correctement ses employés.

On a pas besoin de tout ce blabla ! Il ne s’agit quand même que de timbres-poste !

Sabine

Entre le city management et La Poste, y a-t-il un lien ?

Citymanagement. Avez-vous entendu parler ? C’est la taxe que, depuis le début du mois de juin, la Municipalité de Lausanne veux faire payer à tous les commerçants pour animer la ville et développer le commerce. Le but du citymanagement est de transformer la ville en parc d’attractions pour que les chalands dépensent en ayant l’impression de s’amuser.
Un peu la même chose que La Poste. A la place d’améliorer ses prestations de service public, La Poste est devenue un grand supermarché dans lequel, pendant que vous attendez sagement votre tour pour poster vos lettres, vous pouvez acheter de l’antigel pour votre voiture, un livre de recettes ou une barre de chocolat.
Et bin, si cet état de faits vous a fâché, maintenant vous pourrez rire ! Comme La Poste est devenu un magasin comme un autre, elle aussi sera assujettie à cette taxe ! Comme les magasins privés. Vous avez dit rire ? Plutôt pleurer ! C’est la marque supplémentaire que nous devrons encore beaucoup nous battre pour que La Poste continue dans les mains du service public !

Définition du Citymanagement:

Il s’agit d’une taxe dégressive prélevée en fonction du nombre d’employé-e-s et pèse donc sur le travail et sur l’emploi. Elle touche directement l’emploi et absolument pas le bénéfice. Donc le cordonnier de la Borde avec un ouvrier ou la coiffeuse de Montelly avec une shampouineuse paieront la même somme que le bijoutier de la rue de Bourg avec une vendeuse. Le plancher a été finalement fixé 60% plus cher que celui décidé par le Conseil communal pour les petits commerçants et le plafond 20% moins cher que celui décidé par le Conseil communal pour les grandes surfaces.

En clair, cette taxe propose que tous les commerçants paient pour sauvegarder certains commerces à haute valeur ajoutée dans le centre ville, c’est-à-dire rue Bourg, St François. En effet, les manifestations de quartier, d’après les commerçants, elles favorisent la convivialité, la mixité, fidélisent les clients du quartier et diminuent probablement incivilité et violence, mais n’amènent pas forcément de nouveaux clients. Les petits commerçants sont remontés à bloc contre cette taxe.
Il s’agit d’un projet consumériste qui va favoriser un certain type de commerces de luxe au centre-ville au dépens des autres commerçants de quartier et réintroduire plus de voitures en ville. Il n’a rien à voir avec le service public.

La Poste ? « On lui en demande trop ! »

En matière de service public, La Poste est à la peine. Non, ce ne sont pas les membres d’Acidus qui le disent, mais bien l’organe officiel de propagande de la régie, La Poste, le journal de notre clientèle, dans son édition de juin 2007. Un certain Andreas Sturm, expert en gestion d’entreprises durables, y est interviewé avec toute la flagornerie obligée dans ce genre de publications. Il a suivi l’entreprise La Poste pendant un an, «examinant à la loupe ses prestations, son rôle social et son impact sur l’environnement».

D’abord, il a constaté que l’image de distributrice de lettres et de colis de La Poste (ça c’est bon pour les ploucs qui envoient encore des paquets à leur petit-fils et des lettres écrites à la main) a complètement disparu: 80% du chiffre d’affaires est généré par ses clients commerciaux. Par exemple, elle a créé la société MailSource en 2000, une «société du groupe» qui «ne se contente pas de distribuer le courrier aux entreprises. Elle se charge de tout leur courrier interne, du scannage et de l’archivage de leurs documents»… Et pour les usagers privés? Des «solutions standardisées.»

Car La Poste peine à assurer sa mission de service public: «On lui en demande trop», affirme l’expert. Selon lui, La Poste «aura du mal à assurer à long terme les prestations qui lui incombent et qu’elle fournit déjà, je pense notamment aux emplois dans les régions reculées. D’autant plus que l’on ne cesse de réduire la base qui sert à financer ces prestations.» Andreas Sturm ne dit pas qui est ce «on» qui ne cesse de réduire…

Enfin, on se console, il y a encore un peu d’humanité dans les entreprises privatisées. Car «La Poste essaie d’éviter les anglicismes autant que faire se peut», indique encore cette Pravda postale. Eh oui, si M. Gygi aime les bénéfices et les salaires de ministre, il n’aime pas pour autant les expressions anglaises.

Offices postaux – Les seniors paieront

Courrier des lecteurs du Nouvelliste du 13.11.2006

De plus en plus, les règlements postaux en Suisse deviennent compliqués car il se font via l’internet. A terme n’y aura-t-il plus que des personnes âgées à faire la queue dans les officines postales?

Il faut savoir que dès le 1er janvier 2007, la poste va augmenter de 50% la taxe prélevée sur chaque bulletin réglé au guichet, taxe qui passera à 90 centimes.

Le relèvement des prix à pour but d’améliorer le rendement de cette prestation. Les services et les entreprises vont donc pousser leurs débiteurs à ne plus les régler en se rendant dans un bureau de poste.

En 2005, sur un total de 600 millions de paiements en Suisse, via la poste 230 millions des bulletins ont été traités aux guichets soit 38% du total, 45 millions ont été réglés par enveloppe et 330 millions via l’internet 55%.

Cela signifie-t-il qu’à terme les offices postaux n’accueilleront plus que des personnes âgées, incapables de se mettre à l’informatique?

On ne peut dire cela: actuellement c’est encore l’ensemble de la population, sans distinction d’âge, qui se rend dans les bureaux postaux.

La seule chose sûre c’est que le total des versements au guichet va diminuer.

Louis Perruchoud, Réchy

La Poste «Ymago» – Catastrophe sociale

05.12.2006 – Courrier lecteurs du Nouvelliste

Le «Post News», distribué dans tous les ménages, invite les usagers du géant jaune à acheter dans ses post shops offices de poste: des appareils de photos, des coffrets à thé, du chocolat, des jeux pour enfants, etc. La Poste nous a aussi fait parvenir, ces derniers jours, un catalogue d´une trentaine de pages pour nos achats de Noël. S´agit-il du nouveau service public de La Poste? Il serait grand temps que les administrations communales s´y mettent aussi!
Le «Post News» nous annonce aussi une autre bonne nouvelle: «Plus proche de la clientèle, mais aussi plus rentable, tel sera le réseau de demain.» Ses responsables annoncent un bénéfice de plusieurs centaines de millions, en constante augmentation depuis plusieurs années, malgré, selon M. Kern, une baisse sensible du chiffre d´affaires. Il s´agit là des mystères insondables de la nouvelle économie!
Il n´est pas étonnant devant de telles anomalies que le conseiller national, Jean-Noël Rey, monte aux barricades puisqu´en tant que directeur général de La Poste, il fut le premier à sortir ce service public des chiffres rouges sans diminution de prestations ou de suppressions d´emploi.
Avec le projet Ymago de M. Kern, La Poste sera «plus proche de la clientèle» tout en supprimant 200 bureaux de poste avec leur personnel; mais l´épicerie du village prendra la relève! Pour ce responsable de La Poste, «C´est la seule façon», je cite: «d´assurer la desserte de base avec brio, aujourd´hui comme demain. Ymago nous permettra de nous concentrer sur la vente et de freiner la baisse du chiffre d´affaires». Toujours selon M. Kern, clients et autorités communales le félicitent et s´en réjouissent! Même si, dans les épiceries, les versements ne pourront se faire qu´avec la postcard et ceux qui ne l´ont pas devront se déplacer dans les offices de poste voisins.
M. Jean-René Germanier, seul membre valaisan de la Commission fédérale poste et télécommunications, lors d´une interview à Canal 9, vous soutenez le projet Ymago qui, selon vous, sera une bonne chose pour les régions périphériques comme le Valais et l´économie du pays en profitera. La suppression de nombreux postes de travail et le fait que des personnes âgées devront se rendre dans une autre localité pour effectuer des paiements en espèces… cela ne vous touche pas, M. le conseiller national? Vous oubliez, M. Germanier, que le bureau de poste est très souvent un lieu de rencontre pour la population locale, et qu´il est desservi par un personnel apprécié par les usagers pour sa compétence et le soin qu´il met à garantir le secret postal.
Je constate, jour après jour, que La Poste suit le même chemin que Swisscom: en 1994, en Valais, Télécom comptait 840 collaboratrices et collaborateurs, aujourd’hui il n´en reste même pas une centaine!
Alors à quand la privatisation de La Poste?
Werner Haenggi, Lens

A propos de La Poste – Scandalisée!

Nouvelliste du 13.11.2006 – Courrier des lecteurs

Je suis scandalisée des propos tenus par Mme Balet, lors de l’émission de la RSR «Le grand huit» du lundi 6 novembre 2006. Cette dame est confinée dans sa bulle de privilégiée et d’égoïste.

Ben voyons! Baissons les salaires, supprimons les places de travail dans les régions périphériques, exilons les autochtones et faisons à la place des résidences secondaires luxueuses pour les managers, financiers stressés des villes.

En ce qui concerne la poste, il se passe exactement ce que les dirigeants ont voulu.

Diminuer les heures d’ouverture des bureaux rescapés et mettre des heures d’ouverture inadéquates pour mieux les fermer ensuite.

Vous aimeriez, vous, utilisateurs de la poste, qu’on vous notifie votre commandement de payer entre votre salade et vos yogourts. Quelle épicerie du village sera ouverte de 6 h à 21 h?

Pour autant qu’il reste encore une épicerie dans le village, et qui se souciera de la santé de l’épicier à cause des ces journées interminables?

Sûrement pas les décideurs de ces résolutions avant-gardistes?

Mary-Claude Cordonier, Vérossaz

Soutien aux employés de La Poste – décembre 2006

APPEL À MANIFESTER NOTRE SOLIDARITÉ AVEC LE SYNDICAT DE LA COMMUNICATION ET AVEC LES EMPLOYÉS DE LA POSTE
lundi 11 décembre 2006 à 19 h 30 au Casino de Montbenon à Lausanne (intérieur) (allée Ernest-Ansermet 3)

∆ NON à Ymago,
le projet de démantèlement du service postal, qui sous prétexte de restructuration, prévoit la suppression de nombreux offices postaux et de 400 à 500 emplois, sans égard ni pour les employés ni pour les usagers soumis à de nouvelles restrictions…

∆ NON aux licenciements:
après avoir pressuré le personnel de différentes manières, les dirigeants s’apprêtent à jeter ceux qui ne pourront pas s’adapter aux changements et aux nouvelles exigences…

∆ NON aux baisses de salaires:
ceux qui voudront garder leur emploi, devront s’attendre à subir un déclassement accompagné d’une baisse de leur salaire, alors que La Poste fait des centaines de millions de bénéfice…

∆ OUI au service public
qui respecte ses employés et ses usagers, et n’est pas aux ordres d’un grouvernement qui vise uniquement un rendement maximum… pour le bénéfice des actionnaires.

Créée à la suite de nos luttes pour sauver les bureaux de postes lausannois – luttes qui continuent par la défense du service public – ACIDUS participera à la manifestation de lundi soir 11 décembre. Nous invitons tous nos membres à se joindre au comité et à prouver ainsi leur engagement concret pour le service public. Merci d’avance.